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Les huiles minérales conventionnelles sont obtenues à partir du pétrole brut. Or le pétrole, substance organique, contient des centaines de milliers de types de molécules de tailles et de formes variées et dont les qualités lubrifiantes vont du meilleur au pire. Avec le raffinage, on peut filtrer ces huiles et éliminer les substances les plus indésirables. Mais comme rien n'est parfait dans ce monde (pas même moi…), le produit final contient encore des molécules dont les qualités sont fort différentes et plus ou moins bien adaptées à leur rôle.
Avec un tel constat, l'huile minérale traditionnelle est donc incapable de remplir toutes les fonctions qu'on lui demande dans un moteur moderne. Pour y parvenir, il faut y greffer un certain nombre d'additifs qui viendront combler les lacunes, ou corriger les imperfections, d'une huile habituelle. Les huiles modernes contiennent de 15 à 25 % de ces additifs, car ils sont indispensables pour diminuer l'usure et la friction ainsi que l'accumulation de boue et d'autres produits qui se déposent dans l'huile, notamment en raison des nombreux changements chimiques qui s'opèrent dans le liquide sous l'effet de la chaleur extrême. Par exemple, on ajoute des agents anti-moussants pour empêcher la formation de bulles d'air causées par la ventilation due à la rotation rapide des bielles. On greffe aussi des polymères au composé de l'huile, ce qui lui donne sa qualité multigrade.
Juste pour votre information, toute cette science de l'étude de l'huile se nomme tribologie. Lorsqu'il est question d'huile synthétique, la situation est un peu différente. Ainsi, au contraire des molécules d'huile traditionnelles, les molécules des huiles de synthèse sont produites par l'industrie, en déterminant à l'avance le type, la forme et la dimension de la molécule. Cette mesure ultra-précise évidemment, permet d'obtenir des performances maximales.
Et parce que l'amalgame de molécules est constitué artificiellement, il ne contient que des particules qui contribuent à lubrifier et à protéger le moteur, contrairement aux huiles minérales qui contiennent des impuretés. De plus, le liquide qui sert de base et de liant à ces molécules est à la base un multigrade, ce qui élimine le recours aux polymères pour amener le point de viscosité à son point le plus élevé. Les polymères ajoutés à l'huile minérale pour la rendre multigrade constituent son point faible. Lorsqu'ils ont dépassé leur vie utile, ils se désagrègent, causant une accumulation de boue ainsi que la dégradation de l'indice de viscosité de l'huile. Une huile minérale 5W-50 nécessiterait une quantité trop importante de polymères pour assurer l'indice de viscosité nécessaire.
Développées tout d'abord en Allemagne durant la seconde guerre mondiale pour pallier à la pénurie de pétrole et pour répondre aux exigences supérieures des turboréacteurs, les huiles synthétiques ont acquis une part grandissante du marché. Par exemple, toutes les Porsche, Mercedes-Benz AMG, Aston Martin ou Chevrolet Corvette reçoivent à l'usine de l'huile synthétique.
En autant que l'on utilise une huile synthétique de qualité, une filtration particulièrement efficace (ce qui implique notamment une évaluation et un changement très régulier du filtre), on pourrait penser à conserver la même huile pour toute la durée de vie de la voiture. Évidemment, on doit tout de même la faire vérifier régulièrement et s'assurer de la propreté de l'ensemble du système et des filtres attenants.
Ainsi constituée, les huiles de synthèse présentent de nombreux avantages, à commencer par une friction et une usure réduite des pièces. Ces huiles sont plus fluides à très basse température et leur circulation rapide protège efficacement le moteur lors des lancements à froid. Leur capacité détergente est supérieure et elles s'oxydent moins au contact des sous-produits acides de la combustion et autres contaminants. Elles sont aussi plus stables et moins fluides à haute température, supportant environ 30 °C de plus que les huiles minérales à conditions égales. Les huiles synthétiques présentent généralement un indice de viscosité supérieur et elles sont plus performantes et plus stables dans le temps, ce qui permet d'allonger, parfois considérablement, les intervalles entre les vidanges. Ce sont donc des huiles de qualité supérieure dont l'emploi ne peut être que recommandé.
Des lubrifiants synthétiques sont également disponibles pour les transmissions manuelles et automatiques ainsi que pour les ponts. Ils offrent les mêmes avantages que l'huile moteur, à savoir une meilleure résistance à haute température, des frictions réduites et une durée de vie pouvant être égale à celle du véhicule. L'huile synthétique représente donc une solution intéressante, plus coûteuse à l'achat certes, mais dont la durabilité (et par extension, l'effet de préservation sur l'environnement) est très élevée. Mais attention : avant de l'utiliser, consultez un spécialiste et assurez-vous de faire vérifier tout de même régulièrement votre système de lubrification. Car l'huile a beau en être le cœur, elle n'en demeure pas moins qu'une seule composante.
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