Chroniques d'entretien préventif Monsieur Muffler
Pour ne jamais être à plat

Il en a déjà été abondamment question, mais c'est toujours d'actualité : les pneus, surtout en période hivernale, ont une importance de plus en plus grande. Et rien de pire que de se retrouver, au terme d'une belle soirée passée en famille, à se taper un changement de roues dans une tempête, par moins 20 degrés. Sans compter bien sûr les risques importants d'accident lorsque survient une crevaison en chemin. Les risques de dérapage sont grands, surtout sur une chaussée humide.

Bref, la crevaison est toujours un des pires cauchemars des automobilistes et, malgré la technologie de plus en plus efficace dans ce domaine, rien n'est encore parfait semble-t-il.

Le plus proche de la perfection était, jusqu'à tout récemment, le principe anti-crevaison mis en application par plusieurs fabricants. Concrètement, il s'agit d'une simple membrane supplémentaire ajoutée à l'intérieur du pneu qui assure une plus grande résistance aux objets pointus et dont la composition permet de refermer les trous de façon permanente.

Un pneu, comme chacun le sait, n'est en fait qu'un tube vide (il suffit de se rappeler les anciennes chambres à air que l'on changeait régulièrement sur nos vélos de jeunesse). Cet espace vide sert de coussin amortisseur et permet d'absorber une partie des chocs de la route. Le tube lui-même est un composé mixte de gomme, de toile et de filaments d'acier auquel on ajoute un certain nombre de motifs en relief pour assurer une meilleure adhérence et une circulation efficace des liquides qui se glissent sous la roue. Évidemment, même si la toile et la gomme sont renforcés, ils ne sont pas à l'abri des chocs et surtout, des objets pointus qui peuvent se retrouver sur les routes.

Autre problème majeur, le déjantement, qui occasionne de nombreuses crevaisons. Cette fois, il s'agit simplement d'un choc qui fait dérailler le pneumatique de son support métallique (la jante).

Les systèmes anti-crevaison prévoient la mise en place d'une membrane résistante à l'intérieur du tube de caoutchouc. Lorsqu'un objet pointu la traverse, ce dernier se heurte à plus ou moins de résistance, selon l'épaisseur de la membrane, et même s'il parvient à la percer, les composés chimiques de la membrane permettent de sceller immédiatement le trou.

Tout ce système, décrit ici de façon simplifié, ressemble un peu à notre peau. Lorsqu'une plaie se produit, la peau elle-même se referme et se scelle de nouveau, fermant définitivement le trou.

Plusieurs pneus sont vendus avec cette membrane protectrice. Ils sont commercialisés sous plusieurs marques et noms, mais ont tous le même but: éviter les crevaisons par des objets pointus.

Des produits aftermarkets, c'est-à-dire vendus après l'achat du véhicule, adoptent le même principe. Une mousse, ou un liquide, est insérée directement à l'intérieur du pneu par la valve. Le liquide, en se répandant, adhère à la surface intérieure et joue le rôle de membrane protectrice. Évidemment, même si ces produits ont une certaine efficacité, ils ne seront jamais tout à fait aussi performants que ceux conçus en usine. Mais la protection peut tout de même être très efficace.

Cependant, il y a un hic ! Puisque ces systèmes anti-crevaison ne règlent pas le problème du déjantement et surtout, n'assurent pas la possibilité de conduire le véhicule même avec un pneu à plat, il faut donc vérifier vos pneus et vous assurer de toujours avoir la bonne pression d’air.

Bertrand Godin